Les habitudes des anciens
La plupart des gens éduquent leurs enfants comme s’ils élevaient des vaches. la vache, on profite de son lait. Si c’est un taureau, ceux qui labourent en profitent pour labourer leur champ. Ceux-là également, c’est comme si leurs enfants étaient un passe-temps : ils ne pensent pas beaucoup à l’au-delà.
Par le passé, lorsque les gens terminaient leurs travaux, ils allaient à la mosquée. Ils accomplissaient la prière du maghrib puis ils restaient à écouter les cours de science de religion jusqu’à al-^icha’. Ensuite, ils faisaient la prière de al-^icha’ et ils rentraient chez eux. Ils attendaient un certain temps puis ils s’endormaient. Les commerçants, quand ils fermaient leur commerce, ils faisaient ainsi. Ils réunissaient entre leur intérêt du bas monde et celui de l’au-delà. Mais aujourd’hui, la plupart des gens passent leur journée à manger, à boire, à travailler pour le bas monde et le soir, ils dorment ou pour ce loisir : la télévision. Quel mauvais état que cet état-là.
Préservez-vous ainsi que vos familles d’un feu
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que l’honneur et l’élévation en degré soient accordées à notre maître Mouhammad ainsi qu’à sa famille bon et pur. Ô Allah fais nous apprendre ce que nous ignorons, fais nous nous rappeler de ce que nous avons oublié, fais nous apprendre ce qui nous est utile et augmente nous en science et nous demandons à Allah ta^ala qu’Il nous préserve de l’état des gens de l’enfer.
Allah ta^ala dit « Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum naran waqoudouha n-naçou wa l-hijarah » qui signifie « Ô vous qui avez cru, préservez-vous ainsi que vos familles d’un feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres ». ^Aliyy Ibnou Abi T-Talib a dit dans l’explication de cette ‘ayah « Apprenez et enseignez à vos familles le bien » c’est-à-dire la science de la religion. Ainsi la parole « Qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum », c’est-à-dire « Préservez-vous ainsi que vos familles de ce feu ». Allah ta^ala nous a ordonné de nous protéger nous-mêmes, de protéger nos familles de ce feu intense, que Allah ta^ala a décrit dans le Qour’an. Et le chemin pour se protéger soi-même et la famille de ce feu, c’est que l’homme apprenne les sujets de la religion et il les enseigne à sa famille. Ainsi, l’homme sera protégé lui-même et sa famille du feu de l’enfer. S’il apprend lui-même et sa famille, c’est-à-dire s’il apprend lui-même et qu’il enseigne à sa famille lui-même ou par l’intermédiaire de quelqu’un, il se sera protégé lui-même et sa famille du feu de l’enfer de sorte que, il faut qu’il apprenne de sorte à ce que, comment on fait le mariage, comment on fait le divorce, l’homme doit apprendre ce que Allah ta^ala a révélé à Son messager, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, Mouhammad, les sujets de la Religion, pas uniquement les sujets de la prière et de la croyance, si il n’apprend pas ces sujets, Allah ta^ala au Jour du Jugement, Il le châtie. Notre maître Mouhammad, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, Allah ta^ala l’a envoyé pour qu’il enseigne aux gens comment on croie en Allah et comment ils font la prière, comment ils font le jeûne, comment ils font le pèlerinage, comment ils donnent la zakat uniquement. Mais Allah ta^ala lui a ordonné d’enseigner à sa famille comment il vend et il achète, comment il se marie et il divorce, celui qui n’apprend pas ces sujets, il se retrouve dans le feu de l’enfer. En effet, beaucoup de gens se marient mais d’un mariage qui n’est pas valable selon la loi, ils ne savent pas s’ils vivent avec un contrat légal ou un contrat qui n’est pas légal. Ces gens-là, au Jour du Jugement, seront interrogés. Par exemple, si quelqu’un épouse une femme qui est encore en période d’attente post-maritale d’un premier mari alors qu’il est resté quelque temps de la période d’attente post-maritale de son mari, elle n’a pas terminé sa période d’attente alors ce mariage n’est pas valable. L’homme sera interrogé au sujet de deux choses : s’il n’a pas appris, il lui sera dit « pourquoi tu n’as pas appris », si il a appris et qu’il n’a pas appliqué, ce qu’il a appris, qu’il évite les péchés. Apprendre le licite et l’interdit puis il n’évite pas d’interdit, il faut apprendre ce que Allah ta^ala a rendu obligatoire à Ses esclaves, donc celui qui néglige les obligations ou certaines de ses obligations, il sera interrogé, il sera châtié parce qu’il n’a pas œuvré comme il a appris. Celui qui n’apprend pas, il sera interrogé et celui qui a appris puis qui l’a négligé, il sera interrogé. Les deux méritent le châtiment de l’enfer.
Les coeurs des humains
Ô Allah, Toi Qui fais changer les cœurs, fais que nos cœurs persévèrent sur Ton obéissance.
Il est parvenu dans le hadith de Abou Hourayrah, ce qui signifie « Les cœurs des fils de ‘Adam sont tous « … » tels un seul cœur » rapporté par Mouslim. Celui qui explique ce hadith selon le sens apparent, il considérerait que Allah a des doigts et donc ressemble à l’être humain. Et ce n’est pas cela le sens de ce hadith. Le sens du hadith, c’est que Allah fait changer les cœurs des esclaves comme Il veut, cela ne veut pas dire qu’Il a des doigts. « … » c’est-à-dire que Allah fait changer les cœurs des humains facilement. Cela ne veut pas dire que Allah a la forme des doigts comme les doigts que nous nous avons de nous même qui sont de notre corps. Le corps est impossible au sujet de Allah. Allah ta^ala n’est pas un corps, ni un volume, ni une substance élémentaire, ni une caractéristique de la substance élémentaire. « Layça kamithlihi chay’ » qui signifie « Rien n’est tel que Lui » mais ceci est une des formes d’éloquence dans la langue Arabe, Allah ta^ala a révélé à Son prophète de s’exprimer avec ces termes-là. « … » le sens de « … » et « .. » c’est-à-dire que c’est Allah qui gère tous les cœurs, c’est Allah qui prédestine au cœur, si Il veut, Il fait qu’il soit sur la droiture et qu’Il accorde la vérité et si Il le veut, Il l’égare, c’est-à-dire que si Allah ta^ala veut son égarement, Il fait qu’il se dirige vers le faux et l’égarement. Ensuite, le prophète, ^alayhi s-salam, a dit en plus de cela pour un maximum d’éloquence et pour se remettre totalement à Allah ta^ala « Allahoumma Ya Mouqalliba l-qouloub, thabbit qouloubana ^ala ta^atik » ce qui signifie « Ô Allah, Toi Qui fait que les cœurs changent, Toi Qui les dirige comme Tu veux, c’est Toi Qui s’Il veut, les dirige vers le bien, s’Il veut, les dirige vers le mal. « … » c’est-à-dire « Dirige nos cœurs vers Ton obéissance » puisque Allah ta^ala est le Créateur des actes des esclaves même ceux qui sont avec le cœur. Le sens de ce hadith c’est que l’homme ne possède rien de son cœur. Comment posséderait-il ses organes, son œil, sa main, son pied, sa langue, son ouïe. L’esclave ne possède rien à la place de Allah. Allah ta^ala est Celui à Qui appartient son cœur , son ouïe, sa vue, sa main, sa langue et tout ce qu’il a comme organe, tous les organes de l’esclave appartiennent à Allah ta^ala car c’est Lui Qui les a fait pousser du néant. Puis, tout ce qui a lieu comme regard, comme ouïe, comme marche, tout cela appartient à Allah ta^ala, rien n’échappe à ce que Allah prédestine.
Conseils épars
1/ Celui qui n’apprend pas la science de la religion, est exposé à tout mal.
2/ Le jeûne surérogatoire
La louange est à Allah. Le jeûne surérogatoire.
Pour ce qui est du jeûne surérogatoire, il est très recommandé de jeûner le lundi et le jeudi ainsi que le samedi et le dimanche et de jeûner trois jours de chaque mois au milieu du mois, le treize, le quatorze et le quinzième de chaque mois lunaire. Ces trois jours, on dit que leurs nuits sont blanches puisque la lune est grande et complète durant ces trois nuits-là.
Il y a aussi le jeûne du jour de ^Arafah, le jeûne du jour de ^Achoura et le jeûne de ^Achoura fait partie des jeûnes très recommandés. Le dixième jour de Mouharram c’est le jour de ^Achoura. Mouharram en entier, si il est jeûné, il y aura une grande récompense et Rajab également, si il le jeûne en entier ou en partie, cela fait partie des meilleurs des jeûnes. Il en est de même pour Dhoul Qa^dah.
3/ La science sans œuvre est comme un jardin sans arbre et des œuvres sans sincérité, ce sont des arbres sans fruits.
4/ La prière en assemblée. S’y attacher comporte un secret. S’attacher à la prière en assemblée comporte un secret. Il y avait un grand savant éminent qui s’appelle le chaykh Ibrahim Badda, que Allah l’agréé. Il a dit « Je n’ai raté la prière en assemblée durant toute ma vie sauf à onze prières ». C’était un saint vertueux. Il allait dans un lieu, la tombe d’un saint très connu, il s’asseyait auprès de la tombe, il discutait avec lui alors qu’il était dans sa tombe.
Conseil pour les écoles et l’apprentissage
Certes, répéter un grand nombre de fois fait partie des méthodes d’enseignement. Les gens se distinguent en cela : Il y a des gens qui retiennent ce qui est appris sans trop de répétition. Il y a des gens qui ne retiennent qu’après un grand nombre de répétitions. Il convient donc de ne pas multiplier les matières et les mémorisations pour les enfants de sorte que les leçons leur paraissent nombreuses et que cela entraîne la fatigue, la retenue des derniers cours tout en oubliant les premiers, ceci venant de la rapidité de l’enseignant et du grand nombre de cours surtout à notre époque où la mémoire de la plupart des gens est devenue très faible. Ce qu’il convient de faire, c’est de diminuer le nombre de cours dans leur ensemble et de multiplier les répétitions tout en mémorisant ; c’est cela qui est utile. N’attachez pas d’importance aux autres ni à leur méthode d’enseignement. De nombreux savants et mouhaddith reprenaient le même cours plusieurs fois. Ibnou l-Jawziyy a rapporté qu’un savant spécialiste de la jurisprudence a repris chez lui un cours de nombreuses fois. Une vieille femme qui se trouvait alors chez lui lui a dit : je l’ai déjà appris. Il lui dit alors : répète-le. Elle le lui répéta. Ensuite, après quelques jours, il lui demanda de le lui répéter. Elle lui dit alors : je l’ai oublié. Il lui répondit : je répète la récitation par cœur pour qu’il ne m’arrive pas ce qui t’est arrivé.
Il convient à l’enseignant de ne pas prolonger le cours d’une durée qui entraîne l’ennui, ni de le raccourcir d’une manière qui porterait atteinte [à la compréhension]. Il prend en considération pour cela ce qui est de l’intérêt des étudiants. Il convient de procéder avec douceur pour faire comprendre les choses, de prendre soin d’enseigner et de faire comprendre en fournissant tout son effort et de faire des rapprochements d’idées sans en faire trop de sorte que son esprit ne puisse pas le supporter, et sans trop détailler non plus de sorte que l’étudiant ne puisse pas mémoriser avec rigueur. Il convient aussi qu’il éclaircisse les questions par des exemples et qu’il demande aux étudiants de reprendre le commentaire pour qu’il persiste dans leurs esprits. Il ne charge pas l’étudiant de ce qu’il n’est pas apte à supporter de par sa compréhension ou son âge, ni d’un écrit que son esprit serait incapable de comprendre. Il convient à l’enseignant de faire preuve de modestie envers l’étudiant ainsi qu’avec toute personne cherchant à être guidée et qui poserait à cet effet des questions. Il convient également qu’il agisse avec un visage détendu et une intention sincère. Rappelle-leur la parole des mouhaddith : celui qui recherche toute la science d’un seul coup, il la manque entièrement.
Ensuite, porte le conseil aux enseignants et aux dirigeants des écoles de faire preuve de miséricorde les uns envers les autres, de faire preuve d’humilité, de faire preuve de modestie et d’excellence de comportement, d’écouter le bon conseil de ceux qui sont moins bien qu’eux ou mieux qu’eux, de diminuer les paroles sauf pour le bien. Porte leur le conseil de s’embellir par les caractéristiques louables, de faire preuve de docilité et de souplesse les uns envers les autres : en effet, ce qu’ils font est une tâche éminente. Alors, soyez sincères dans votre intention et que votre travail soit loin des innovations. Je vous rappelle la parole du Messager de Allah ce qui signifie : “Certes Allah accorde pour ce qui est effectué avec douceur ce qu’Il n’accorde pas pour ce qui est accompli avec rudesse“. Ceci est mon conseil pour vous.
Et je demande à Allah de nous accorder la réussite ainsi que vous pour ce en quoi il y a Son agrément.
Conseils épars
1/ Pour les femmes : Parmi les choses qui relèvent du manque de préparation pour le jour du jugement dans cette époque, il y a les femmes qui sortent fréquemment, ceci revient au fait de suivre les passions, le dimanche, elles veulent sortir se promener en dehors de la ville, si elles s’empêchaient de le faire, ce serait mieux pour elles.
Si le Prophète a dit que la prière de la femme chez elle est meilleure que la prière dans ma mosquée, qu’en est-il donc de la sortie des femmes pour se promener et dont elles ont pris l’habitude de nos jours ? Elles sortent sans que se soit pour se soigner. Si elle est malade et qu’elle veut se faire soigner en sortant de la ville, c’est une excuse. Mais par simple habitude et pour suivre les passions de l’âme, ceci est éloigné de la religion et de la Loi. Dans la mosquée du Prophète, la récompense de la prière est multipliée par cinq cent mille. Pourtant le Prophète a conseillé les femmes de ne pas sortir pour faire la prière dans sa mosquée et qu’elles fassent la prière chez elles, il a montré que la prière chez elles est préférable à celle qui est accomplie dans sa mosquée.
Les femmes ont à se rendre des comptes à elles-mêmes. Elles ont pris l’habitude de sortir et de se promener chaque dimanche. Au Liban, avant l’arrivée de l’occupation, ces choses là n’existaient pas. Les habitudes des mécréants sont restées. Ceci est dû au manque de réflexion pour l’au-delà. La tombe les attend. La tombe est la demeure de la solitude, de l’inquiétude, des vers et de l’obscurité. Elles ne réfléchissent pas à cela. Si maintenant la femme sort pour appuyer le travail de l’association et pour propager la croyance de Ahlou s-sounnah, par la croyance et la pratique, il y a en cela un bien immense.
2/
Suffisent au fils d’Adam, quelques bouchées pour maintenir son corps.
Il est connu que tous les Prophètes, ainsi que les saints veillaient à manger peu, sans pur autant entraîner de nuisance à leurs corps. En effet, le fait de manger peu au point de nuire au corps, est interdit.
Mais manger une petite quantité sans que cela ne nuise au corps, cela est digne d’éloge selon le jugement de Dieu. Ceci est la manière de vivre des Prophètes et des vertueux au sein de leur communauté.
Notre maître Mouhammad, que Dieu l’élève davantage en degré, était parmi ceux qui appliquaient le plus cette noble habitude. Il disait, que Dieu l’élève d’avantage en degré, ce qui signifie : « Le fils de ’Adam n’a pas rempli un récipient pire que son ventre. Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé, soient suffisantes au fils de ’Adam. S’il ne peut vraiment pas se limiter à cela, alors qu’il consacre un tiers pour le repas, un tiers pour la boisson et un tiers pour l’air ».
Sa parole, que Dieu l’élève davantage en degré, ce qui signifie : « Le fils d’Adam n’a pas rempli un récipient pire que son ventre. Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé … » veut dire un nombre de bouchées ne dépassant pas les dix. “Louqaymat -des bouchées-” c’est un pluriel, mais de faible nombre. Le pluriel de ce qui est peu, c’est ce qui est en-dessous de onze : la dizaine et ce qui est en-dessous.
Il a dit, que Dieu l’élève davantage en degré, ce qui signifie : «…Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé… » cela veut dire qu’elles entretiennent sa force et l’empêchent de faillir.
ce qui signifie « S’il ne peut vraiment pas se limiter à cela, alors qu’il consacre un tiers pour le repas, un tiers pour la boisson et un tiers pour l’air ».
C’est ainsi le Noble Prophète incitait à manger peu, et il était parmi ceux qui appliquaient le plus cette honorable manière.
Et il y a eu certains gens qui ont calomnié le Messager de Dieu. L’un d’entre eux a prétendu la sainteté et le soufisme, et il a prétendu qu’il est un petit prophète !
Cet autre, Rajab Dib, a menti sur le Messager de Dieu, il a dit : (le prophète mangeait beaucoup de sucrerie, il mangeait beaucoup jusqu’à ce qu’il a eu des courbes dans son ventre et il a eu sur son cou il y a des plis).
Ce même Rajab Dib, calomnié sur le Messager de Dieu, qui est le plus parfait des prophètes, aussi bien physiquement que du point de vu comportement, en lui attribuant ce vilain mensonge vulgaire, comme quoi tellement il mangeait beaucoup, que cela lui aurait provoqué des plis.
En fait, c’est parce que cet homme est connu pour le fait de manger beaucoup, dont beaucoup des sucreries et de plats gras.
3/
Question : ce qui est méritoire (machrou^) englobe les devoirs et les actes recommandés. Chez les spécialistes de la Loi, on n’appelle pas « méritoire » ce qui est permis. Ce qui est méritoire c’est ce à quoi Allah a incité, cela englobe les actes obligatoires et les actes recommandés. La bonne innovation est également comprise car le Messager a appelé tout comme le Qour’an à la bonne innovation.
(wa rahbaniyyatan ibtada^ouha) ce qui signifie « et un monachisme qu’ils ont innové ».
Cette ‘ayah comporte l’invitation à la bonne innovation. Le Messager a invité à la bonne innovation, à ce que les musulmans fassent quelque chose de nouveau, qui soit conforme à la religion agréée par Allah. « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne innovation il en aura la récompense et une part de la récompense de ceux qui vont la faire après lui ». C’est pour cela que les savants ont pratiqué des choses qu’ils ont innovées, comme mettre les points sur les lettres dans le Mous-haf, comme de mettre le chakl –voyelles courtes– dans le Mous-haf, comme fabriquer les mihrab concaves, les minarets ou encore l’organisation du Mawlid –commémoration de la naissance du Prophète– le mois de Rabi^ou l-‘Awwal. Comme exemple de bonne innovation il y a l’apprentissage de la grammaire arabe (nahw) et le bayan –rhétorique arabe–. Cela fait partie des bonnes innovations.
Par ailleurs, il y a parmi les bonnes innovations ce qui a le jugement du devoir et il y a ce qui n’entre pas dans le cadre de l’obligation. La grammaire arabe fait partie des obligations d’ordre communautaire. Il est indispensable qu’il y ait parmi les gens qui connaisse le nahw car la compréhension du Qour’an et du hadith en dépend.
(la youqda ^alayhim fayamoutou). Celui qui ne connaît pas le nahw pourra imaginer un sens différent du sens correct de cette ‘ayah. Celui qui connaît le nahw saura le sens correspondant.
Celui qui ne connaît pas le nahw pensera que le sens de la ‘ayah est que Allah ne les anéantit pas mais ils mourront. Alors que le sens visé est tout autre : Allah ne les anéantit pas par la mort ; Allah ne les fera pas mourir et ils ne mourront pas. C’est ce sens-là qui est visé.
Question : Le Chaykh a été interrogé au sujet de celui qui a pensé que les savants de son époque étaient vertueux mais malgré cela il les a spécifiés par la malédiction dans leur totalité, tout en ayant pour conviction qu’ils étaient vertueux. Le Chaykh a dit : il devient mécréant. Considérer maudit l’ensemble des savants de son époque en ayant pour conviction qu’il y a parmi eux des vertueux qui n’ont pas manqué en ce que Allah leur a ordonné, le rend mécréant.
Le Chaykh a dit : Celui qui aura cru que quelqu’un de vertueux selon le jugement de Allah et malgré cela il le maudit, c’est comme s’il a considéré l’obéissance à Allah faire l’objet de la volonté de châtiment de la part de Allah. Il devient alors mécréant.
4/
Parmi les questions importantes il y a :
Celui qui connaît les sortes de mécréance et qui fait la distinction entre la mécréance et la foi, s’il a eu doute véritable quant au fait que lui soit survenue une mécréance certaine – c’est-à-dire qu’il n’y a pas de divergence sur le fait que ce soit une mécréance dans son cas – il lui est un devoir de prononcer les deux témoignages par précaution immédiatement, que le doute de cette personne au sujet de la survenue ou non de cette mécréance, soit fort ou faible, du moment où il s’agit d’un doute véritable. Donc dès lors que la personne a un doute véritable, elle décide fermement et immédiatement par son cœur de faire les deux témoignages et les prononce immédiatement par sa langue – c’est-à-dire la personne fait les deux témoignages avec l’intention de se débarrasser de cette mécréance si celle-ci est survenue de sa part, et elle ne retarde pas son témoignage, après cette décision, pour dire autre chose de plus. Celui-là sera sauvé du fait de retarder le témoignage par précaution. Par ailleurs, son témoignage lui est utile si cette mécréance lui ait véritablement arrivé.
Par contre, s’il retarde le témoignage par précaution par une parole ou par autre chose, comme le fait de répéter l’intention alors qu’il y avait le doute véritable et qu’il ne s’agit pas d’une simple pensée qui lui traverse l’esprit, il devient mécréant pour avoir retardé les deux témoignages. Il lui faudra alors faire les deux témoignages de manière catégorique car il se sera satisfait du fait de rester sur la mécréance dans le cas où cette mécréance se serait produite de sa part.
Le doute véritable – qu’il soit faible (la personne penche plus pour la non survenue de la mécréance que pour la survenue), où fort (la personne penche plus vers la survenue que la non survenue) ou équivalent (la personne penche autant pour la survenue que pour la non survenue de la mécréance) - tout cela est un doute véritable.
Celui qui aura retardé le témoignage, puis l’a prononcé, ce témoignage lui suffira pour se débarrasser de la mécréance, c’est-à-dire, en sachant que ce retard du témoignage durant cette période après la survenue du doute véritable revient à persister sur la mécréance.
Quant à celui de qui est provenue une parole laide, qui est interdite et dont le jugement (est-ce de la mécréance ou pas ?) échappe à beaucoup de ceux qui ne sont pas des savants ; il n’a pas su si c’est de la mécréance ou pas et il est parti posé la question et lorsqu’il a posé la question, il s’est avéré que ça n’était pas de la mécréance, celui-là ne sera pas déclaré mécréant pour avoir douté et pour avoir attendu la réponse. Mais s’il s’avère que cette parole est de la mécréance sans divergence, il doit faire les deux témoignages de manière catégorique. Et son retard de témoignage dans ce cas, serait une persistance sur la mécréance.
5/
Quelque soit la faille ou le défaut que tu trouveras en ton frère, un défaut qui est prouvé sans aucun doute, alors porte lui le conseil en cachette, sans que ce soit au grand jour. Ne te laisse pas tromper par le chaytan de sorte à en venir à faire sa médisance.
Lorsque tu l’exhortes, ne le fais pas en étant content d’avoir pris connaissance de son défaut, de sorte qu’il te considère avec égard et respect et que tu le considères avec dédain et rabaissement ! Fais plutôt en sorte que ton objectif soit de le délivrer du péché. Sois triste pour lui tout comme tu serais triste pour toi si tu découvrais en toi-même un défaut. Il convient que tu préfères qu’il délaisse son défaut sans que tu ne l’aies à l’exhorter plutôt qu’il ne le délaisse parce que tu l’as exhorté.
6/ Soubhana l-Lahi midada kalimatihi veut dire : je fais le tasbih de Allah d’un tasbih qui est digne de l’éminence de Ses kalimat.
7/ Celui qui dit au matin : (la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou la charika lah, lahou l-moulkou wa lahou l-hamdou wahouwa ^ala koulli chay’in qadir) aura l’équivalent de l’affranchissement d’un des descendants de ‘Isma^il…
Cela veut dire c’est comme s’il avait affranchi un esclave parmi ceux qui ont la plus honorable lignée : la plus honorable des lignées des humains c’est la descendance de ‘Isma^il. Ils sont plus honorables que les fils de ‘Isra’il et plus honorables que les non-arabes.
8/ Lorsque notre maître Abou Bakr a été investi du califat, il a dit : « J’ai eu la responsabilité de vos affaires et je ne suis pas le meilleur d’entre vous », c’est-à-dire pour certaines caractéristiques de la sainteté : il n’était pas d’un corps fort comme ^Oumar mais il avait une forte capacité de compréhension et d’esprit pour certains sujets. Mais par ailleurs il savait qu’il était le meilleur de cette communauté après le Prophète.
Notre maître ^Oumar par exemple est le maître de ceux qui ont le kachf. Notre maître ^Aliyy par exemple était celui qui avait le plus de science parmi les compagnons.
9/
Je vous recommande à nos frères de s’aimer les uns les autres, maintenir les liens les uns avec les autres, se donner le conseil les uns aux autres, se rendre visite les uns aux autres et faire des dons les uns aux autres, par recherche de l’agrément de Allah ta^ala.
Lorsque le musulman aime son frère et que son frère l’aime par recherche de l’agrément de Allah, non pas poru une raison de ce bas monde ni pour une proche parenté, il sera à l’ombre du Trône au jour du jugement, il ne sera pas atteint par la chaleur du soleil.
Faire des dons les uns aux autres veut dire que l’un donne quelque chose et que l’autre donne quelque chose. Cela renforce l’amour. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit : ” تهادوا تحابوا “ (tahadou tahabbou) cela veut dire que si vous donnez des cadeaux et que l’un donne quelque chose à son frère et que l’autre lui donne quelque chose alors l’amour augmente. Je vous recommande de vous consacrer avec empressement à la science en apprenant et en enseignant car la science de Ahlou s-Sounnahc’est la vie de l’lslam.
Attachez-vous aussi à éviter les mécréances qui se sont propagées dans de nombreux pays et plsu particulièrement dans ce siècle. Le Hafidh Mourtada Az-Zabidiyy a dit dans le commentaire de ‘Ihya’ou ^Ouloumi d-Din : Un certain nombre d’imams des quatre écoles ont composé des écrits pour la présentation des paroles de mécréance.
Attachez-vous à l’indulgence car l’indulgence est la parure de la science. Wa s-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh.
10/
Si l’un des parents a dit à son fils : divorce ton épouse car ils n’aiment pas son épouse, bien qu’elle ne leur nuise pas, il lui est recommandé de leur obéir en cela et ce n’est pas un devoir pour lui.
Si elle leur nuisait en les insultant, en les frappant et ce qui est de cet ordre, ou si elle était connue pour sa perversité comme si elle faisait la fornication et que s’il ne la divorçait pas, ils seraient fortement chagrinés à cause de cela, c’est un devoir pour lui de la divorcer.
Si l’un des deux parents lui ordonnait d’épouser Unetelle et que lui ne désirait pas l’épouser, il leur indique la raison de cela et il n’est pas un devoir pour lui de l’épouser du simple fait qu’ils lui aient ordonné de le faire et qu’ils n’apprécient pas qu’il leur désobéisse en cela sans que cela ne les chagrine. Mais s’ils sont profondément chagrinés s’il ne l’épousait pas, s’il est dit que c’est un devoir pour lui de l’épouser, il n’y a pas de mal en cela.
S’il voulait épouser une femme et que ses parents ne voulaient pas qu’il l’épouse, si cela entraîne pour eux un grand chagrin, il ne lui est pas permis de l’épouser.
11/
D’après Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père, le Messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit à un homme en l’exhortant, ce qui signifie « Profite de cinq choses avant cinq autres : profite de ta vie avant ta mort, profite de ta bonne santé avant ta maladie, profite de ton temps libre avant d’être occupé, profite de ta jeunesse avant ta vieillesse et profite de ta richesse avant ta pauvreté » rapporté par Ahmad. Dans ce hadith, il y a une mise en garde contre le fait de perdre son temps en ce qui ne profite pas dans l’au-delà car celui qui ne fournit pas son effort pour obéir à Allah durant sa vie, il manquera beaucoup de biens et il gardera le regret. Celui qui ne fournit pas son effort quand il est jeune, il sera incapable après cela de faire beaucoup d’actes qui pourraient lui être utiles dans l’au-delà et il va le regretter. Il ne convient pas donc de s’occuper de loisirs, de jeux et de ne pas faire ce qui profite à la personne dans sa tombe ou dans son au-delà. Ceci est une grande perte que de perdre son temps face à la télévision et ce qui est du même ordre. Ce temps-là, ce qu’il consacre à la télé, s’il le consacrait à l’obéissance, à l’une des obéissances ou à une demande de pardon en faveur des parents ou à ceux qui les ont précédés parmi les ancêtres, cela serait un bon acte, un grand acte. Mais habituer les enfants à passer beaucoup de temps dans pareils loisirs, dans beaucoup de cas, la conséquence c’est que l’enfant, après la mort de son père et de sa mère va être occupé par cela au lieu d’occuper son temps par la demande du pardon en faveur de ses parents et autres de ceux qui ont précédé au barzakh. Et en agissant de la sorte, il se sera acquitté du droit que ses parents et ses proches ont sur lui. Ces gens-là auront habitué leurs enfants à délaisser ces bienfaits qu’ils pourraient obtenir après leur mort au lieu de les habituer à réciter le Qour’an et ce qui est du même ordre des choses qui leur sont utiles car ils auraient profité à eux-mêmes et à leur famille. Ce caractère, quel mauvais caractère, il convient de s’en protéger. Les parents et autres membres de la famille attendent des cadeaux qu’ils vont recevoir de leurs enfants et de leur famille, cadeaux qu’ils obtiendront grâce au istighfar, la demande de pardon et grâce aux récompenses de la récitation et ce qui est du même ordre. Eux, ils se languissent de cela. Si l’enfant était ainsi, il occupera son temps avec des chose sutiles, il va se consacrer totalement à la télévision et ce qui est du même ordre, il aura privé ses parents de ce de quoi ils se languiront. Ceci est une insouciance atroce. Les parents ne doivent pas habituer leurs enfants à se prolonger à passer du temps à regarder la télévision et l’internet sans utilité car sinon, ils vont priver leurs parents de récompenses après leur mort. L’enfant est-ce qu’il n’est dans ce bas monde uniquement pour avoir du loisir ? Quels mauvais parents et quels mauvais enfants, ceux dont c’est leur état. Le père qui délaisse ses enfants se noyer dans leur temps libre dans cela, quel mauvais état que l’état de ce père et quels mauvais enfants ceux dont il sera le père. On ne permet pas à l’enfant que d’une certaine part, de sorte que si l’enfant, il y a un mal qui est moins grave qu’un autre, le père et la mère après la mort, ils attendent des cadeaux de leurs enfants et des autres proches parents car c’est là-bas qu’ils connaîtront la valeur des cadeaux, les gens dans les tombes connaissent la valeur des cadeaux. Quels mauvais enfants que ceux qui passent leur temps depuis le début de la soirée jusqu’au sommeil à regarder la télévision, à ne pas se rappeler de sa famille qui est devenue des gens dans les tombes en leur envoyant des cadeaux. La plupart des gens éduque leurs enfants comme ils élèveraient des vaches. La vache, on espère en profiter, profiter de son lait et si c’est un mâle, ceux qui labourent la terre, ils en profiteront pour labourer leur terre, ceux-là également.
12/
Le Messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie « Celui à qui des biens ont été accordés et qui a remercié, celui qui a été éprouvé et qui a patienté, celui qui a subi une injustice et qui a pardonné, celui qui a agi injustement et qui a demandé à être pardonné, ceux-là seront en sécurité et sont bien guidés » rapporté par At-Tabaraniyy.
Allah tabaraka wa ta^ala fait l’éloge de ceux dont ceci est le caractère. Le premier caractère, c’est de remercier pour les bienfaits que Allah t’accorde. Le sens du remerciement c’est de le placer à sa juste place que Allah agréée, c’est-à-dire utiliser les bienfaits dont Allah nous a fait grâce. L’argent, il le place dans son poste, c’est-à-dire il dépense dans ce que Allah tabaraka wa ta^ala agrée. Le plus éminent de ce qui fait gagner l’agrément de Allah tabaraka wa ta^ala pour dépenser l’argent, c’est ce qui permet de renforcer la religion, la croyance et les lois selon l’école de Ahlou s-Sounnah. A vous de vous occuper de cela et la récompense diffère selon une différence de l’effort. Celui qui dépense dans la voie que Allah agrée dans cela malgré le peu de biens qu’il possède, il aura beaucoup plus de récompenses que celui qui dépense beaucoup de biens, alors occupez-vous de cela. Que la personne ne dise pas « comment je donne à un homme et je n’ai que peu, je n’ai pas beaucoup » la force de la certitude amène la personne à donner le peu qu’il a pour profiter de cette récompense, que Allah nous accorde des bénédictions. Quelques hadith au sujet de l’intention.
« Innama l-’a^malou bi n-niyyat » c’est un hadith. Ce hadith veut dire que les bons actes ne seront agréés selon le Jugement de Allah qu’avec la bonne intention. Ce hadith ne veut pas dire que l’intention à elle seule suffit car nous avons reçu l’ordre d’améliorer, de corriger les actes et de corriger l’intention. L’intention n’est pas suffisante à elle seule sans les actes et les actes ne sont pas agréés sans l’intention. Il est surprenant, que certains citent ce hadith pour défendre le péché ou la mécréance qui est provenue d’eux, ces gens-là n’ont pas compris le sens du hadith, l’interdit ne se transforme pas en obéissance par l’intention et la mécréance ne se transforme pas en foi grâce à l’intention.
L’imam ^Aliyy, que Allah lui fasse miséricorde a dit des paroles très précieuses pour celui qui les comprend et qui les applique : « parmi les meilleures des choses dans lesquelles tu dépenses ton temps, il y a la revivification de la science utile, de persévérer sur la diffusion de cette science aux grands et aux plus petits. Il y a en cela une préservation de la loi de Dieu, des droits des esclaves et la plus importante des sciences, c’est la connaissance de Allah et de Son messager. Il ne convient pas que la personne n’ait pas une ardeur forte pour demander davantage de science. Allah ta^ala dit à Son prophète « Qoul Rabbi zidni ^ilma » ce qui signifie « Dis, ô Seigneur augmente moi en connaissances ». Il n’a pas demandé à Son prophète de demander à augmenter en autre chose que la science. Le messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « La yachba3ou mou’minoun min khayrin yasma3ouh Hattaa yakouuna mountahaahou l-jannah » qui signifie « Le croyant ne se lasse pas d’un bien qu’il entend jusqu’à ce qu’il arrive au Paradis ». Dans ce hadith, il y a une incitation certaine à obtenir la science et la diffuser.
Ne ratez pas ce grand bien et consacrez-y le plus vos ardeurs, que Allah vous accorde la réussite.
13/
La preuve à partir du Qour’an sur l’interdiction de l’adoption, est la parole de Allah ta^ala dans sourat Al-‘Ahzab, ‘ayah 4 :
Qui signifie : « Attribuez-les à leurs véritables pères. Ceci est plus juste selon le jugement de Allah. Si vous ne connaissez pas leurs pères, ce sont vos frères en religion et des gens de votre clan ».
Et Allah ta^ala dit dans sourat Al-‘Ahzab, ‘ayah 39 :
Ce qui signifie : « Mouhammad n’est le père d’aucun homme d’entre vous. Il est le Messager de Allah et le dernier des prophètes. Allah sait toute chose ».
Az-Zourqaniyy a dit dans Al-Mawahibou l-Ladounniyyah : « As-Soubkiyy a dit : c’est une parole réprouvable. Le Prophète r n’a été épris par l’épouse de personne. Le récit de Zaynab est que Allah en a fait, comme cela est cité dans sourat Al-‘Ahzab, une cause pour arrêter les gens de dire : (Zayd est le fils de Mouhammad) et également pour indiquer l’infondé et l’interdiction de l’adoption ».
Quant au hadith de Zaynab Bintou Jahch, la femme du Prophète r dans lequel elle disait : ((زَوَّجَكُنَّ أَهَالِيكُنَّ وَزَوَّجَنِيَ اللهُ مِنْ فَوْقِ سَبْعِ سَمَوَاتٍ)) (zawwajakounna ‘ahalikounna wa zawwajaniya l-Lahou min fawqi sab^i samawat) ce qui signifie : “[Ô femmes] ce sont vos familles qui vous ont mariées alors que moi, c’est Allah qui m’a mariée, mon mariage était inscrit au-dessus des sept cieux“. Ceci signifie que le mariage du Prophète avec elle est inscrit dans la Table Préservée, cette table qui est au-dessus des sept cieux.
C’est une écriture spéciale pour Zaynab. Ce hadith a été rapporté par Al-Boukhariyy et Al-Bayhaqiyy. Il comporte la preuve que le Prophète a épousé Zaynab par révélation et sans tuteur ni deux témoins.
Le récit : Au début, le Prophète a adopté Zayd, avant la descente de la ‘ayah de l’interdiction. On l’appelait Zayd fils de Mouhammad. Son épouse était Zaynab Bintou Jahch. Zayd l’a divorcée. Puis la ‘ayah de l’interdiction est descendue. On l’appela par la suite : Zayd fils de son père. Après cela, le Prophète r l’a épousée. Elle est la fille de sa tante paternelle.
14/
Parmi les conditions de la prière en assemblée, le ma’moum (celui qui prie en étant dirigé) met l’intention d’être dirigé, de faire la prière en assemblée et ce, lors de la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel ou après.
Il met cette intention lors de la parole de l’entrée en rituel pour la prière du vendredi, pour la prière répétée et pour le prière rassemblée à cause de la pluie. Pour ces trois prières, il est une condition de mettre l’intention d’être dirigé lors de la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel. Il en est de même pour la prière que la personne a fait le vœu d’accomplir en assemblée.
Mis à part ces quatre prières, il est une condition que l’intention ait lieu avant de commencer à suivre les mouvements de l’imam.
S’il l’a suivi sans avoir mis l’intention au prélable, sa prière n’est pas valable. C’est-à-dire que s’il attend longtemps l’imam et le suit.
Mais s’il l’attend longtemps sans le suivre, sa prière n’est pas annulée.
Si quelqu’un suit un autre sans avoir mis l’intention d’être dirigé par lui dans sa prière, et que délibérément, il attend qu’il s’incline pour s’incliner après lui, ou qu’il attend qu’il se prosterne pour se prosterner après lui comme s’il avait été dirigé par lui (ma’moum) alors qu’il ne l’est pas réellement, alors sa prière est annulée s’il l’a attendu longtemps.
Mais si cela s’est produit par coïncidence et qu’il l’a suivi sans que ce soit délibéré, sa prière n’est pas annulée.
Sa prière n’est pas annulée s’il le suit dans les paroles, sauf pour dire le salam.
De même, s’il l’a attendu longtemps sans le suivre dans ses mouvements, sa prière n’est pas annulée.
Et Allah sait plus que tout autre.
Ne pas perdre du temps / la télévision
Le blâme de perdre du temps face à la télévision
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que l’honneur et l’élévation en degrés soient accordées à notre maître Mouhammad ainsi qu’à sa famille et ses compagnons.
D’après Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père, le Messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit à un homme en l’exhortant, ce qui signifie « Profite de cinq choses avant cinq autres : profite de ta vie avant ta mort, profite de ta bonne santé avant ta maladie, profite de ton temps libre avant d’être occupé, profite de ta jeunesse avant ta vieillesse et profite de ta richesse avant ta pauvreté » rapporté par Ahmad. Dans ce hadith, il y a une mise en garde contre le fait de perdre son temps en ce qui ne profite pas dans l’au-delà car celui qui ne fournit pas son effort pour obéir à Allah durant sa vie, il manquera beaucoup de biens et il gardera le regret. Celui qui ne fournit pas son effort quand il est jeune, il sera incapable après cela de faire beaucoup d’actes qui pourraient lui être utiles dans l’au-delà et il va le regretter. Il ne convient pas donc de s’occuper de loisirs, de jeux et de ne pas faire ce qui profite à la personne dans sa tombe ou dans son au-delà. Ceci est une grande perte que de perdre son temps face à la télévision et ce qui est du même ordre. Ce temps-là, ce qu’il consacre à la télé, s’il le consacrait à l’obéissance, à l’une des obéissances ou à une demande de pardon en faveur des parents ou à ceux qui les ont précédés parmi les ancêtres, cela serait un bon acte, un grand acte. Mais habituer les enfants à passer beaucoup de temps dans pareils loisirs, dans beaucoup de cas, la conséquence c’est que l’enfant, après la mort de son père et de sa mère va être occupé par cela au lieu d’occuper son temps par la demande du pardon en faveur de ses parents et autres de ceux qui ont précédé au barzakh. Et en agissant de la sorte, il se sera acquitté du droit que ses parents et ses proches ont sur lui. Ces gens-là auront habitué leurs enfants à délaisser ces bienfaits qu’ils pourraient obtenir après leur mort au lieu de les habituer à réciter le Qour’an et ce qui est du même ordre des choses qui leur sont utiles car ils auraient profité à eux-mêmes et à leur famille. Ce caractère, quel mauvais caractère, il convient de s’en protéger. Les parents et autres membres de la famille attendent des cadeaux qu’ils vont recevoir de leurs enfants et de leur famille, cadeaux qu’ils obtiendront grâce au istighfar, la demande de pardon et grâce aux récompenses de la récitation et ce qui est du même ordre. Eux, ils se languissent de cela. Si l’enfant était ainsi, il occupera son temps avec des chose sutiles, il va se consacrer totalement à la télévision et ce qui est du même ordre, il aura privé ses parents de ce de quoi ils se languiront. Ceci est une insouciance atroce. Les parents ne doivent pas habituer leurs enfants à se prolonger à passer du temps à regarder la télévision et l’internet sans utilité car sinon, ils vont priver leurs parents de récompenses après leur mort. L’enfant est-ce qu’il n’est dans ce bas monde uniquement pour avoir du loisir ? Quels mauvais parents et quels mauvais enfants, ceux dont c’est leur état. Le père qui délaisse ses enfants se noyer dans leur temps libre dans cela, quel mauvais état que l’état de ce père et quels mauvais enfants ceux dont il sera le père. On ne permet pas à l’enfant que d’une certaine part, de sorte que si l’enfant, il y a un mal qui est moins grave qu’un autre, le père et la mère après la mort, ils attendent des cadeaux de leurs enfants et des autres proches parents car c’est là-bas qu’ils connaîtront la valeur des cadeaux, les gens dans les tombes connaissent la valeur des cadeaux. Quels mauvais enfants que ceux qui passent leur temps depuis le début de la soirée jusqu’au sommeil à regarder la télévision, à ne pas se rappeler de sa famille qui est devenue des gens dans les tombes en leur envoyant des cadeaux. La plupart des gens éduque leurs enfants comme ils élèveraient des vaches. La vache, on espère en profiter, profiter de son lait et si c’est un mâle, ceux qui labourent la terre, ils en profiteront pour labourer leur terre, ceux-là également
Le début de la création
La louange est à Allah, Al-Boukhariyy a rapporté dans son Sahih et par Al-Bayhaqiyy et Abou Dawoud que le Messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a reçu la visite d’un groupe du Yémen qui lui ont dit « Nous sommes venus apprendre cette Religion, alors enseigne nous comment ce monde a commencé. Le Prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « Kana l-Lahou wa lam yakoun chay’oun ghayrouhou wa kana ^archouhou ^ala l-ma’ wa kataba fi dh-dhikri koulla chay’in thoumma khalaqa s-samawati wa l-’ard ». Ce hadith veut dire que « Allah est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité et Son Trône était au-dessus de l’eau, Il a fait écrire sur la Table Préservée toutes choses puis Il a créé les cieux et la terre.
La démonstration que les causes ordinaires n’ont pas d’effet en réalité, et que Celui Qui crée l’effet en réalité, c’est Allaah
Al-Hakim dans son Tarikh [1] a dit : J’ai entendu Abou Zakariyya Yahya Ibnou Mouhammad Al-‘Anbariyy dire : J’ai entendu Abou ^Iça Ibnou Mouhammad Ibnou ^Iça At-Tahmaniyy Al-Marwarroudhiyy dire : « Certes, Allah tabaraka wa ta^ala manifeste ce qu’Il veut s’Il le veut comme signe [2] et leçons de morale au sein de Ses créatures. Il ajoute ainsi à l’Islam honneur et force et Il appuie ce qu’Il a révélé de guidée et de preuves claires. Il fait apparaître les preuves de la véracité de la prophétie et Il éclaire la signification du message. Il renforce les liens de l’Islam [3] et confirme les réalités de la foi à Ses saints, par une grâce accordée de Sa part, en prodiguant un surcroît de preuves en leur faveur et contre celui qui s’est entêté à ne pas Lui obéir et a délaissé la religion qu’Il agrée. Certes, celui qui ira à sa perte le sera après avoir eu les preuves et celui qui sera sauvé le sera après avoir eu les preuves. À Lui les louanges, il n’est de dieu que Lui, Celui Qui a les arguments majeurs, la gloire dominatrice et le mérite éclatant. Que Allah honore et élève davantage le degré de notre maître Mouhammad, le Prophète de la miséricorde et le Messager de la bonne voie. À sa famille pure la préservation de ce qu’il craint pour elle et la miséricorde de Allah et Ses bénédictions.
Certes, voilà ce dont nous avons été témoin oculaire, ce que nous avons vu à notre époque et dont nous nous sommes assurés. Ceci a fait accroître notre certitude dans notre religion et notre foi en la vérité avec laquelle est venu notre Prophète r et à laquelle il a appelé et a incité concernant le jihad et le mérite des martyrs et ce qu’il a porté à notre connaissance de la part de Allah ^azza wa jall à leur propos. Allah jalla thana‘ouh dit :
[وَلاَ تَحْسَبَنَّ الَّذِينَ قُتِلُوا ِفي سَبِيلِ اللهِ أَمْوَاتاً بَلْ أَحْيَاءٌ عِنْدَ رَبِّهِمْ يُرْزَقُونَ فَرِحِينَ] [4]
(wa la tahçabanna l-ladhina qoutilou fi sabili l-Lahi ‘amwatan bal ‘ahya’oun ^inda rabbihim yourzaqouna farihin) ce qui signifie : « Ne crois pas que ceux qui ont été tués dans la voie que Allah agrée sont morts actuellement. Ils sont vivants : leurs âmes sont en un lieu honoré par Allah, ils sont pourvus et sont heureux ». J’ai traversé en l’an deux cent trente huit l’une des villes de Khouwarizm qui s’appelle Hazarasb, elle se trouve à l’ouest de la rivière Jayhoun [5]. Elle est à une distance d’une demi-journée de la grande ville. On m’avait informé qu’il s’y trouvait une femme, veuve d’un martyr, qui avait vu dans le rêve qu’elle avait été comme nourrie de quelque chose. Depuis, elle ne mangeait plus rien et ne buvait plus rien depuis le règne de Abou l-^Abbas Ibnou Tahir le gouverneur de Khouraçan qui était mort depuis huit ans, que Allah l’agrée. Ensuite, je suis passé par cette ville en l’an deux cent quarante deux, je l’ai vue à cette occasion et elle m’a raconté son histoire mais je ne me suis pas informé davantage en raison de mon jeune âge. Par la suite, je suis retourné à Khouwarizm à la fin de l’an deux cent cinquante deux et je l’ai vue encore vivante. J’ai aussi constaté que son histoire s’était répandue et était très connue. Cette ville est sur le chemin des caravanes et nombreux étaient ceux qui y descendaient. Lorsqu’ils entendaient son histoire, ils voulaient la voir. Pas un homme, une femme ou un enfant qu’ils interrogeaient à son sujet qui ne la connût et ne la leur montrât. Lorsque je suis parvenu dans cette région, j’ai demandé à la voir. J’ai su qu’elle s’était absentée, à plusieurs farsakh de là. J’ai suivi sa trace de village en village et je l’ai rejointe entre deux villages, elle marchait d’un bon pas. C’était une femme d’âge moyen, de grande taille, en bonne santé, les joues colorées, intelligente. Elle m’a accompagné à pied alors que j’étais sur ma monture. Je lui ai proposé une monture mais elle ne l’a pas montée et elle a marché avec moi vigoureusement.
Auparavant, certains commerçants et autres grands agriculteurs avaient assisté à mes assemblées. Parmi eux, il y avait un faqih nommé Mouhammad Ibnou Hamdawayh Al-Harithiyy, Mouça Ibnou Haroun Al-Bazzar à Makkah a écrit à son propos : « Un homme mûr, persévérant dans l’accomplissement des adorations et rapportant le hadith ». Il y avait aussi un jeune homme de bien appelé ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman qui jugeait entre les plaignants de sa région. Je les avais interrogés sur cette femme. Ils ont fait son éloge et ont dit du bien d’elle. Ils ont dit que son cas était clair pour eux, il n’y avait pas de divergence entre eux à son sujet. Celui qui s’appelle ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman a dit : « J’entends son histoire depuis mon jeune âge. J’ai grandi et les gens se transmettaient son histoire. Je me suis dégagé de mes occupations et j’ai entrepris des recherches à son sujet. Je n’ai vu d’elle que du bien. Je n’ai pas trouvé de mensonge dans ce qu’elle disait, ni de ruse pour frauder ». Il a aussi cité que des gens parmi ceux que le Sultan avait délégués dans les alentours de Khouwarizm l’avaient retenue enfermée par le passé un, deux mois et plus dans une maison. Ils fermaient les issues et chargeaient quelqu’un de la surveiller. Ils ne la voyaient ni manger, ni boire et ne trouvaient avec elle ni traces d’urine, ni de selles. Ils avaient dès lors agit en bien avec elle, lui donnant des vêtements et l’avaient relâchée. Lorsque tous les gens du pays l’ont crue, je lui ai demandé de me raconter son histoire. Je lui ai demandé son nom et toute son affaire.
Elle a dit que son nom est Rahmah Bintou ‘Ibrahim. Elle avait un époux menuisier et pauvre. Sa subsistance lui provenait du travail de ses mains au jour le jour. Il n’avait pas plus que ce qui suffisait pour la subsistance de sa famille. Elle lui avait donné plusieurs enfants. Al-’Aqta^, le roi des mécréants était venu un jour jusqu’au village. Il avait traversé la rivière lorsqu’elle était gelée à la tête d’environ trois mille cavaliers. Les gens de Khouwarizm l’appellent Kasra. Abou l-^Abbas a dit : cet homme, Al-’Aqta^, était un mécréant, perpétrant de grandes injustices, il avait beaucoup d’animosité envers les musulmans. Il avait fait beaucoup de mal aux habitants des régions frontalières avec les mécréants. Il avait harcelé les gens de Khouwarizm par les captures, les tueries et les attaques. Les gouverneurs de Khouraçan le traitaient avec une certaine délicatesse, lui et ses semblables, les notables parmi les non-arabes, pour faire cesser leurs attaques contre les sujets et empêcher de faire couler le sang des musulmans. Ils envoyaient donc à chacun d’eux des biens, de nombreux présents et différentes sortes de vêtements prestigieux. Mais ce mécréant, une année, fut mécontent de la part du Sultan. Je n’en connais pas la raison, était-ce parce qu’il avait trouvé que les cadeaux tardaient à venir ou parce qu’il avait trouvé que ce qu’on lui avait offert avait moins de valeur que ce qu’on avait offert à d’autres rois parmi ses semblables. Il est alors venu avec ses soldats et a barré les routes. Il a ravagé, corrompu, tué et mutilé les cadavres. Les cavaleries de Khouwarizm n’ont pas pu le contenir. La nouvelle de ses agissements parvint à Abou l-^Abbas ^Abdou l-Lah Ibnou Tahir, que Allah lui fasse miséricorde. Il a levé contre lui quatre chefs d’armées : Tahir Ibnou ‘Ibrahim Ibnou Malik, Ya^qoub Ibnou Mansour Ibnou Talhah, Mikal Mawla Tahir et Haroun Al-^Arid.
Il a aussi fourni le pays en soldats et en armes qu’il a placés aux quatre coins du pays, chacun dans un quart. Ils ont réussi à protéger les femmes et les enfants par la volonté de Allah ta^ala. Cependant, le fleuve Jayhoun qui se trouve en amont de la rivière Balkh a gelé lorsque le froid s’est accru. Ce fleuve est très grand et sa crue est dévastatrice et très étendue. Lorsqu’il s’élargit, sa largeur atteint environ un farsakh et lorsqu’il gèle, il devient ferme. On ne peut atteindre l’eau que si on creuse, comme on creuserait les puits dans la roche. J’ai vu l’épaisseur de la glace atteindre dix empans. On m’a informé que dans le passé, elle dépassait vingt empans. Et lorsqu’il gèle, la glace sert de pont aux gens du pays de sorte que les soldats, les chariots et les caravanes peuvent circuler dessus. La liaison se fait entre les deux berges. Cette situation peut durer cent vingt jours et si une année, le froid est moins rude, cela dure de soixante-dix jours à trois mois.
La femme a dit : le mécréant traversa avec ses cavaliers jusqu’aux portes de la forteresse. Les gens s’étaient barricadés et avaient rassemblé leurs biens. Ils emmenèrent les musulmans et leur firent du mal. Les gens de la région furent pris à l’intérieur et voulurent sortir. Le chargé du gouverneur les empêcha de sortir tant que les renforts du Sultan n’étaient pas encore parvenus jusqu’à eux et que les volontaires n’étaient pas arrivés. Un groupe de jeunes gens et d‘hommes jeunes s’avancèrent et se rapprochèrent des remparts avec ce qu’ils avaient pu prendre d’armes. Lorsqu’ils se retrouvèrent à l’extérieur, les mécréants les attaquèrent et les musulmans se regroupèrent dans un petit bois. Ils s’y protégèrent et prirent une barricade derrière laquelle ils combattirent. Ils se retrouvèrent ainsi isolés de la forteresse et les renforts étaient encore loin. Ils combattirent de toutes leurs forces et ne lâchèrent pas jusqu’à ce que cordes et arcs fussent cassés. Ils furent atteints par la fatigue, la faim et la soif. La plupart d’entre eux furent tués et le restant atteints de graves blessures. À la tombée de la nuit, les deux groupes se séparèrent.
La femme a dit : Les feux avaient été allumés en signal du haut des tours dès que le mécréant avait traversé. La nouvelle était alors arrivée à Al-Jourjaniyyah qui est une ville immense à l’extrémité de Khouwarizm. Mikal Mawla Tahir y campait avec son armée. Il avait alors accouru en renfort par égard à l’émir Abou l-^Abbas ^Abdou l-Lah Ibnou Tahir, que Allah lui fasse miséricorde. Il avait parcouru jusqu’à Hazarasb, en un jour et une nuit, quarante farsakh des farsakh de Khouwarizm qui valent beaucoup plus que les farsakh de Khouraçan. Les mécréants s’apprêtaient à en finir avec les gens du bois. C’est alors qu’ils ont vu s’élever les drapeaux noirs et ont entendu le bruit des tambours. Ils ont alors fuit et laissé ces gens-là. Mikal est alors arrivé sur le lieu de la bataille, il enterra les morts et transporta les blessés.
La femme a dit : cette après-midi là, on amena à la forteresse environ quatre cents morts. Il n’y eut pas une maison à laquelle on ne portât un tué. La catastrophe était générale et toute la région était en pleurs. Elle a dit : mon époux fut déposé chez moi, tué. J’ai pleuré et ressenti une extrême tristesse telle que ressent la jeune femme pour la perte de son mari, le père de ses enfants, et nous avions des enfants. Elle a dit : les femmes de mes proches et des voisines se sont réunies pour m’aider à supporter ma tristesse. Les enfants étaient venus, ils étaient jeunes, ils ne réalisaient pas ce qui était arrivé. Ils demandaient du pain et je n’en avais pas. Je me suis sentie gênée. C’est alors que j’ai entendu l’appel à la prière du maghrib. Je me suis alors levée pour la prière et j’ai accompli ce que mon Seigneur m’ordonne. Je me suis prosternée et j’ai invoqué et j’ai supplié Allah ta^ala et je lui ai demandé qu’Il m’accorde la patience et qu’Il subvienne aux besoins de mes enfants orphelins. Le sommeil m’a prise dans ma prosternation et je me suis vue comme si j’étais sur une terre très belle, rocheuse et je cherchais mon mari. Un homme m’a alors appelée : où vas-tu femme libre ? Je lui ai répondu : je cherche mon mari. Il m’a dit : prends à droite. J’eus alors devant moi une terre étendue, bien arrosée, verdoyante. Je vis des palais et des édifices que je ne pourrais décrire. Je n’ai jamais rien vu de semblable. Il y avait aussi des rivières qui coulaient sur la surface du sol, sans lit profond ni berges. Je suis arrivée auprès de gens assis en ronds, habillés de vêtements verts, la lumière rayonnant d’eux. Ils étaient ceux qui avaient été tués dans la bataille, en train de manger autour de plats servis à portée de mains. Je me suis mise à marcher parmi eux, à les dévisager pour trouver mon mari. C’est lui qui m’aperçut. Il m’a appelée : Rahmah ! J’ai suivi la provenance de la voix et je l’ai trouvé dans le même état que les autres martyrs que j’avais vus : son visage était comme la lune une nuit de pleine lune. Il mangeait avec des compagnons à lui qui s’étaient faits tués ce jour-là avec lui. Il a dit à ses compagnons : cette pauvre femme est affamée depuis ce jour, est-ce que vous permettez que je lui donne quelque chose à manger ? Ils l’ont autorisé. Il m’a donné un morceau de pain. Elle a dit : et je savais à cet instant que c’était du pain mais je ne savais pas comment il avait été préparé. Il était plus blanc que la neige et le lait et plus sucré que le miel et le sucre et plus tendre que le beurre et le saman [6]. Je l’ai mangé. Lorsqu’il parvint dans mon estomac, il m’a dit : va, Allah te suffit à ta nourriture et à ta boisson tant que tu seras encore vivante dans le bas-monde. Je me suis alors réveillée de mon sommeil, rassasiée, sans soif, je n’avais pas besoin de nourriture ni de boisson. Je ne les ai plus goûtés depuis ce jour-là et jusqu’à aujourd’hui, pas une seule chose que les gens consomment.
Abou l-^Abbas a dit : et elle venait à nous alors que nous mangions, elle se mettait de côté et se bouchait le nez en disant que l’odeur de la nourriture la gênait. Je lui ai demandé : est-ce que tu manges quelque chose ou tu bois autre chose que de l’eau ? Elle a dit : non. Je lui ai demandé : est-ce qu’il sort de toi des gaz ou autre, comme il en sort des gens ? Elle a dit : rien ne sort depuis cette époque. Je lui dit alors : et les menstrues ? Je pense qu’elle a dit : elles se sont arrêtées avec l’arrêt de la nourriture. Je lui ai dit : n’éprouves-tu pas le besoin qu’ont les femmes pour les hommes ? Elle a dit : n’as-tu pas honte de me poser pareille question ? Je lui dit alors : peut-être parlerai-je aux gens de toi, il est indispensable que je demande. Elle a dit : je n’ai pas de besoin. Je lui ai dit : est-ce que tu dors ? Elle a dit : oui, du meilleur des sommeils. Je lui ai dit : que vois-tu dans ton sommeil ? Elle a dit : comme ce que vous voyez. Je lui ai dit : éprouves-tu de la gêne à cause de la perte de la nourriture ? Elle a dit : je n’ai pas ressenti de faim depuis que j’ai mangé de cette nourriture. Elle acceptait l’aumône. Je lui ai dit : que fais-tu avec ? Elle a dit : je m’habille et j’habille mes enfants. Je lui ai dit : ressens-tu le froid, es-tu affectée par la chaleur ? Elle a dit : oui. Je lui ai dit : éprouves-tu de la fatigue lorsque tu marches ? Elle a dit : oui, ne suis-je pas un être humain ?! Je lui ai dit : fais-tu le woudou’ pour la prière ? Elle a dit : oui. Je lui ai dit : pourquoi ? Elle a dit : les savants me l’ont ordonné. Je me suis dit : ils lui ont donné l’avis de jurisprudence d’après le hadith :
(( لاَ وُضُوءَ إِلاَّ مِنْ حَدَثٍ أَوْ نَوْمٍ ))
(la woudou‘a ‘il-la min hadathin ‘aw nawm) qui signifie : « Pas de woudou’ sinon à la suite d’un hadath ou d’un sommeil ». Elle m’a dit que son ventre collait à son dos. J’ai alors demandé à l’une de nos femmes qui a ainsi regardé –c’est-à-dire ailleurs que la zone de pudeur–. Elle a trouvé que son ventre était comme elle l’avait décrit. Elle avait pris un sac, l’avait bourré de coton et le tenait sur son ventre pour que son dos ne se casse pas lorsqu’elle marche. Ensuite, j’allais et venais à Hazarasb tous les deux ou trois ans et je la trouvais. Je lui posais à nouveau les mêmes questions. Elle n’ajoutait rien ni ne diminuait. J’ai parlé d’elle à ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman le Faqih. Il a dit : j’ai entendu ces paroles depuis mon plus jeune âge. Je n’ai trouvé personne qui l’ait accusée de mensonge ou qui prétende qu’il a entendu qu’elle mange ou qu’elle boit ou qu’elle va aux toilettes ». Fin de citation.
Cette histoire montre qu’il n’y a pas de lien obligatoire selon la raison entre l’absence de nourriture et la maladie, la perte de la santé et la dégradation physique. De même pour toutes les causes ordinaires, il est valable selon la raison que leurs conséquences ne se produisent pas. Et elle montre que les choses sont selon la volonté de Allah ta^ala et que les martyrs ont une vie dans le temps qui sépare la mort de la résurrection [7]. Il est exempt d’imperfection Celui Qui est tout-puissant sur toute chose.
[1] C’est-à-dire Al-Hakim l’auteur de Al-Moustadrak à propos de l’histoire de Nayçabour.
[2] Comme « ‘ayah » c’est-à-dire comme signes qui indiquent la véracité de l’Islam et « comme leçons de morale » c’est-à-dire dont on comprend la force de la croyance en l’Islam.
[3] Tels les nœuds d’une corde.
[4] [souratou 'Ali ^Imran / 169]
[5] L’Amoudaria
[6] le beurre de conserve fondu
[7] Cette période s’appelle le barzakh.